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Khady Sylla , un ange est parti ...

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 Manifeste du Collectif des cinéastes sénégalais indignés

 Le cinéma sénégalais est né avant le cinéma asiatique. Aujourd’hui le cinéma asiatique est aux premières loges à Hollywood, aux Oscars, à Cannes et sur toutes les grandes places du 7ème art mondial, tandis que le nôtre se débat dans une crise qui dure depuis des années.

Nous, Collectif des cinéastes sénégalais indignés (Ccsi), voulons nous soulever contre cette mort lente de notre secteur si prometteur à ses débuts. Ce manifeste en est le premier acte.

Toute critique doit s’accompagner d’une autocritique. La faillite de notre cinéma est le fait de l’Etat et des cinéastes eux-mêmes. L’Etat, en supprimant les subventions et en démantelant toutes les structures de distribution, est le principal acteur de cette crise. Les cinéastes, en ne faisant parfois pas l’effort de transmettre leur savoir aux jeunes générations et en étant très souvent guidés par leurs intérêts personnels, ont contribué à cette entreprise de démolition du septième art sénégalais.

Les personnes évoluant dans secteur du 7ème art, jeunes et moins jeunes, devraient se réunir autour d’un même idéal pour sa relance réelle car c’est la seule profession où la retraite n’existe pas et Manuel Di Olivera, cinéaste portugais de 101 ans qui vient de finir son dernier film, en est la preuve vivante.

Nous, Collectif, réclamons l’audit des 3 milliards de FCfa qui ont été alloués au cinéma sous le régime du président Abdoulaye Wade. Nous réclamons également un état des lieux du projet de Centre de production cinématographique situé au Technopole de Dakar et dans ce cadre nous demandons à l’état d’avoir des ambitions réalisables sous une année donc s’il faut réfectionner le site de l’ancien service d’hygiène qu’on nous octroyé depuis 2010, nous sommes pour sa réhabilitation.

Nous, collectif, demandons l’organisation du secteur audiovisuel pour qu’il ait  une production nationale de qualité et que la télévision devienne le partenaire privilégié du cinéma comme cela se passe partout dans le monde.

Nous demandons au ministère de tutelle d’organiser la formation pour qu’il y ait des diplômes homologués et  sérieux.

Dans la perspective du vote par l’Assemblée nationale du Fonds de financement du cinéma en 2013, nous demandons que cette enveloppe aille aux cinéastes  et à la réorganisation du secteur et qu’une partie soit allouée aux jeunes cinéastes afin de leur permettre de réaliser leurs projets.

Pour venir à bout de tous ces maux, nous appelons l’ensemble de la communauté du cinéma sénégalais à se joindre à nous.

L’avenir appartient à ceux qui agissent.

Le collectif